Le combat avec le démon.

Tapie dans l’ombre d’un café, mes errances quotidiennes me plonge dans de vagues considérations pseudo-philosophiques; et prolixe, je me parle, plongée dans une sorte de mutisme sournois. Balayant les rues de Barcelone durant de longues heures creuses, cherchant plus qu’ un chez moi; à me sentir chez moi; je suis entre exaltation et désoeuvrement. Tout se met en place peu à peu, mais la cadence cruelle de l’ennui mêlé au doux bercement de l’attente provoque bien de questionnements sur la place que je souhaite être la mienne.

Telle la promeneuse solitaire ennivrée de ses songes, je vagabonde dans ma vie comme dans les avenues sans fin de cette cité enfiévrée. J’ai la sensation d’être dans un semi coma duveteux, en stand-by, souhaitant que ce sommeil dure pour l’éternité.

Tout ceci a des accents bien dramatiques, pourtant loin d´éprouver de la tristesse ou une forme de neurasthénie, je tente de m’apprivoiser dans ce nouvel environnement et cela fait apparaître mille et une questions.

Lorsque j’ai créé ce blog, je ne voulais pas qu’il soit un journal intime, mais plus un carnet de route. Je m’apperçois que l’un ne va pas sans l’autre. 

Je retouve enfin ce soir les bonnes vieilles habitudes; qui font ce que je suis.

Assise seule dans un club encore désert, j’attends que la musique commence.

Devant un verre de vin rouge et un morceau de papier trop petit, j’exulte.

Un jour de dépression a suffit à me faire rebondir.

Finalement, ma vie ici ne change pas; elle continue.

Je suis une solitaire, j’aime rencontrer les autres, mais je déteste me forcer à le faire.

Ici, enfin pour la première fois, je redeviens oiseau de nuit, sans me soucier de ce que cela induit, implique, impose…

Un soir, une fille de feu me disait gallemment que je devenais un de ces poètes alcooliques de la trempe d’un Bukowsky; quel compliment; pour moi pauvre écrivain ratée.

Je n’ai jamais su écrire que sur une seule chose; ma vie. Quelle belle preuve de sollipsisme! Sorte de sentiment de folie sécuritaire et infâme.

Le club dans lequel je me retrouve ce soir se nomme El Monasterio; étrange lacanisme; comme un confessionnal entre vous et moi…

Partagée entre mutisme et discours intérieur. Vue de tous mais invisible.

Mais pause… car musique maestro…

De son sabot le taureau laisse des traces dans le sable, feignant les grains qui virevoltent au vent et se déposent sur le sol effaçant ses empreintes.

 

 

Commentaires:

Une Réponse à “Le combat avec le démon.”

  1. El escogido
    El escogido écrit:

    Etre comparé à Bukowski n’est pas à mon sens digne de toi, je te préfère en Rimbaud ou Verlaine dont la mélancolie lucide et romantique (mélangée aux paradis artificiels) donnait lieu à une forme d’existentialisme humaniste et non nihiliste.

    « L’existentialisme et un humanisme » disait Jean-Sol Partre pour peu que l’on légitime sa vie par un combat social ou politique : pour toi c’est sans doute le rejet du conformisme et le besoin de changer ce monde qui te déplaît tant. Laisse-toi porter par tes douces rêveries et comme le disait Don Juan « Suit le chemin qui a du cœur… ».

    Le solipsisme dont tu parles n’est pas compatible avec la notion d’égotisme, si tous ce que tu vis n’est que pure imagination tout référentiel social et culturel n’a plus lieu d’être… De plus, à un niveau plus personnel ma douleur me rappelle chaque jour que nous existons aussi dans notre chair. A la question « Que faites-vous chaque jour ? » Cioran répondait « Je me subis ».

    J’aurais souhaité te rejoindre et partager une bière avec toi mais tout comme Rousseau dans ses vieux jours, j’ai substitué le plaisir de partir au besoin d’arriver.

    Bises petite sœur.

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