le pléonasme est inhérent au paradoxe

Je vous livre de nouveau ce soir  l’indécente pudeur de mes nuits.

Me voilà lancée dans ma première tournée des bars.

Débutons par le London Bar, aux sonorités peu castillanes je le concède volontiers, toutefois, loin d’être un repère d’Anglo-saxons en mal du pays; c’est un pub castillan, où le rock que crachouillent les hauts parleurs se mêle au rythme mélodieux de la langue de mes amphitryons.

L’heure du thé ici est pour moi celle  de l’apéro; de fait j’ai toujurs un peu d’avance sur mes alcoolytes de comptoir ce qui paradoxalement me permets de réussir à parler un castillan beaucoup moins approximatif que lorsque je suis à jeûn.

Rimbaud évoque dans les paradis artificiels la puissance terrestre du vin. Sa qualité à nous rapeler aux racines. Breuvage chaud et suave qui réveille en moi le « stream of inconsciousness » dont parle Virginia Wolf. Ce mouvement inconscient de la pensée qui active une sorte d’écriture automatique où les mots semblent une évidence dès lors qu’ils se posent sur le papier.

J’adore écrire dans les bars; je ne peux pas me confiner dans un gueuloir comme Flaubert…

Les philosophes m’ont toujours ennuyé du fait de leur étrange élan à penser la vie au lieu de la vivre.

Pourtant, je suis insatiable de réflexions et le fait même de me présenter comme une empiriste emprunte à cette discipline ses sources.

 

Changement d’atmosphère… Après une petite virée dans le quartier du Raval; essentiellemnt peuplé de filles de joie ; dealers et autres hères vivants aux seuils de nos boulevards; sous l’omre incertaine des réverbères qui accordent encore un peu de leur lumière, je me retrouve dans un bar de quartier; « El Prize » pas très loin de chez moi.

Mais avant que les muses du lieu ne s’emparent de moi, revenons un peu au Raval.

Je m’y promenais, espérant poser ma carcasse dans des lieux tels « Le Pastis » ou encoe « Le Marsella » cherchant un peu du sud dans l’extrême sud.

Mais « mala suerte », trop tôt dans la nuit, ou trop tard dans le temps, les grilles sont baissées; et couardise mise à part, je ne suis pas assez « couillue » pour m’y aventurer seule dans les heures éthyliques et embrumées qui feront de cette ville la cité enfiévrée qu’elle incarne.

Dans King Kong théorie, Virginie Despentes évoque brillament cette faiblesse que nous avons toutes entre les jambes; et malgré la virilité qui m’habite, je ne peux ignorer cette plaie.

 

Pause… ou digression… un peu des deux…

 

Première rencontre; au moment où j’écris un incipit de pamphlet féministe; marrant..

Ca y est, je suis en Espagne, et je tente de discourir… A voir….

Sortant de l’arène sans blessures, le taureau rencontre le coq; et cette entrevue incertaine  dans l’obscurité des corridors macabres; les laissent rêver de la lumière qui point au bout de ce dédale.

 

 

Commentaires:

Une Réponse à “le pléonasme est inhérent au paradoxe”

  1. El escogido
    El escogido écrit:

    Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait.

    Enivrée, la conscience agréablement altérée, tu plonges dans une espèce de panthéisme helléniste : d’individualité immanente tu te retrouves fragment cosmique transcendant, spectatrice d’un univers dont tu ne sembles plus faire partie.

    Empiriste acharnée, ton corps te rappelle ardemment à la vie, au moment même où perdue tu pourrais rester cloitrée dans ce doux sentiment de liberté absolue, de pouvoir divin : fallacieux transport aux conséquences parfois redoutables…

    Offre à ton esprit torturé (et tortueux) cette pensée : « Il faut retrancher ces deux choses : la crainte de l’avenir, les maux du passé. Ceux-ci ne me concernent plus et l’avenir ne me concerne pas encore » (Sénèque).

    J’envie tes errances nocturnes, ta recherche de l’autre, ton envie de partage…

    Moi, éternel atrabilaire, qui souhaite si peu faire commerce avec mon prochain, j’aime à méditer ce cours texte de
    Cioran :

    « Tout misanthrope, si sincère soit-il, rappelle par moment ce vieux poète cloué au lit et complètement oublié, qui, furieux contre ses contemporains, avait décrété qu’il ne voulait plus en recevoir aucun. Sa femme, par charité, allait sonner de temps en temps à la porte ».

    Bises petite sœur.

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