La bohême

Voici venu le temps des vaches maigres, l’idée de vivre d’un peu d’amour et de beaucoup d’eau fraîche ne me terrifie pourtant pas.

Cela me fait plutôt sourire.

Etre au pied du mur est une sensation qui a toujours porté mes élans vers le haut. Vivre de peu me ramène à l’essentiel.

Trop longtemps ancrée dans un mode consumériste, j’en oublie l’évidence.

Retrouver le plaisir de manger au restaurant, s’acheter des vêtements, boire une bonne bouteille de vin.

En apprécier chaque détails, car du fait de leur rareté, ils confèrent une richesse incroyable à mon quotidien.

Ces jours-ci, un poème me revient en tête, il apparaît dans le roman Lady L. de R. Gary; et loin d’être l’épigraphe dédicatoire de mon histoire, il reflète l’anarchie bien désuète de ma vie sentimentale.

Son absence est une blessure, sa présence une plaie putrescente…

Présence-absence. Sentir quelqu’un qui n’est pas là et être loin d’une autre qui est à ses côtés. Le temps ne semble pas avoir d’incidence sur ce concept. Théorie de l’attraction-répulsion, sous couvert d’épistémologie,  afin de ne pas voir l’essentiel; ce qui est invisible à nos yeux (dixit).

Le coq-tau, chimère issue du mariage consanguin du protagoniste schizophrène passe des nuits blanches, broyant le noir et métamorphosant la puanteur de la mélancolie en un parfum capiteux dont les vapeurs effacent l’amertume des jours.

Ce coqtambule, ce taureaufacteur livre à la lumière les ombres de la nuit. Délivrant les fantômes qui hantent depuis toujours le coeur d’une funambule hystérisque, dont la corde vacillante, ombilic atrophié, retient à la terre cet ange aux ailes coupées.

 

 

 

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